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Shooting photo

Une photo, deux droits : celui du sujet et celui de l'auteur

Une photo, deux droits : celui du sujet et celui de l'auteur

Une photo de séance porte deux droits à la fois : celui de la personne qu'on voit, qui décide de la diffusion de son image, et celui du photographe qui l'a prise, qui décide de l'usage de son œuvre. Publier une image suppose l'accord des deux, jamais d'un seul.

L'interrogation revient à chaque séance, souvent après coup : qui peut faire quoi avec les images. La réponse déroute parce qu'elle met en jeu deux droits différents, portés par deux personnes différentes, sur le même fichier. Les repères qui suivent décrivent ce que chacun peut exiger, ce que le contrat doit préciser et les situations où la question se pose vraiment.

Le droit de la personne photographiée

Chacun dispose d'un droit sur son image, rattaché en France à la protection de la vie privée. Concrètement, diffuser la photo d'une personne reconnaissable suppose son accord, et Service-Public rappelle qu'il faut un accord écrit pour utiliser une image où l'on est reconnaissable. Un point est souvent mal compris : cet accord n'est pas un blanc-seing. Il porte sur un usage, un support, une durée et un territoire donnés. Autoriser une photo sur le site d'un photographe n'autorise pas la même image sur une affiche, et une autorisation donnée sans limite de durée reste discutable.

Que doit contenir l'autorisation de diffusion ?

Une autorisation de diffusion utile nomme le support (site, réseaux sociaux, impression, presse), l'objectif de la publication et la durée pendant laquelle l'image peut rester en ligne. Une formule vague du type « toutes utilisations » protège mal les deux parties : la personne ne sait pas à quoi elle consent, et le photographe ne peut pas prouver qu'un usage précis était prévu. Mieux vaut une liste courte et exacte qu'une clause large qu'un juge lirait de façon restrictive.

Le cas des enfants

Pour un enfant, la diffusion de son image passe par ses parents ou son responsable légal. Selon Service-Public, cette autorisation doit obligatoirement être obtenue par écrit, sans exception, y compris pour le journal d'une école. Lorsque l'enfant est en âge de comprendre, son propre accord s'ajoute à celui des parents. Une séance avec un nouveau-né à la maison ne pose guère de difficulté puisque les parents commandent eux-mêmes les images ; la prudence revient au moment de les partager hors du cercle familial.

Le droit de celui qui a pris la photo

En parallèle, l'auteur d'une photographie détient des droits sur son œuvre, du seul fait de l'avoir créée, sans dépôt ni formalité. Ces droits ne disparaissent pas parce que la séance a été payée : régler une prestation achète un travail et un usage défini, pas la propriété des images. Le Code de la propriété intellectuelle distingue deux familles de droits, qui n'obéissent pas aux mêmes règles.

  • Le droit moral : être cité comme auteur et s'opposer à une altération de l'image (recadrage qui dénature, filtre lourd, montage). Il ne se vend pas et ne s'éteint pas.
  • Les droits patrimoniaux : autoriser la reproduction et la diffusion de l'image, et en tirer une rémunération. Ce sont eux que le contrat cède, en tout ou en partie.

La cession de droits figure donc au contrat et précise exactement ce que le client peut faire : impressions personnelles, réseaux sociaux, communication professionnelle, chacun de ces usages n'ayant pas la même portée ni la même valeur. Un portrait destiné à l'album familial et le même portrait placé sur la plaquette d'une entreprise ne relèvent pas de la même cession.

Les deux ne s'annulent pas

La distinction entre droit à l'image et droit d'auteur règle la plupart des malentendus. Une personne peut refuser la diffusion d'une image dont elle n'est pas l'auteur, et un photographe peut refuser un usage d'une image où figure quelqu'un qui, lui, était d'accord. Publier suppose donc les deux accords, et non l'un ou l'autre. Sur une séance de famille à domicile, cela reste simple parce que tout le monde est présent et informé ; cela se complique dès qu'un tiers apparaît sur une image.

Deux situations reviennent souvent. Le photographe qui souhaite montrer une séance dans son portfolio doit obtenir l'accord des personnes photographiées, même s'il est l'auteur. À l'inverse, le client qui veut retoucher lui-même une photo puis la publier touche au droit moral de l'auteur : un simple recadrage pour un format carré passe d'ordinaire, une transformation qui change l'image demande l'avis du photographe.

Ce qui échappe à la règle, et ce qui n'y échappe pas

L'image d'une foule ou d'un lieu public où personne n'est isolé du groupe ne pose pas la même question, puisqu'aucune personne n'y est le sujet. Service-Public le formule ainsi : dans un lieu public, l'autorisation devient nécessaire si la personne est isolée et reconnaissable. Cadrer quelqu'un dans cette foule le rend identifiable et fait revenir la règle. La frontière n'est donc pas le lieu mais le cadrage : c'est le fait d'être reconnaissable et d'être le sujet qui compte.

Pour une séance de couple en plein air dans un parc ou une rue animée, les passants qui traversent l'arrière-plan sans être mis en avant ne bloquent pas la publication ; un passant net, au premier plan et reconnaissable, impose soit son accord, soit un autre choix d'image.

Ce que risque une diffusion sans accord

Une diffusion sans accord expose d'abord à une demande de retrait et à des dommages et intérêts devant le juge civil. Le droit pénal s'applique aussi dans certains cas : selon Service-Public, publier la photo ou la vidéo sans l'accord de la personne est sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Côté photographe, utiliser ses images au-delà de la cession prévue, ou sans citer son nom quand il le demande, relève de la contrefaçon. Dans les deux cas, un contrat clair évite d'en arriver là.

Droit à l'image en séance : les questions des clients

Puis-je publier mes photos de séance sur les réseaux sociaux ?

La publication sur les réseaux sociaux dépend de la cession écrite au contrat : si l'usage « réseaux sociaux » y figure, la publication est permise, en citant le photographe si le contrat le prévoit. Les autres personnes visibles sur l'image doivent aussi être d'accord.

Le photographe peut-il utiliser mes photos pour sa publicité ?

Le photographe ne peut montrer vos photos dans son portfolio ou sa publicité qu'avec votre accord, puisque votre droit à l'image s'applique même à l'auteur. Cet accord se donne en général dans le contrat, et il peut être refusé sans que la prestation change.

Les fichiers livrés m'appartiennent-ils ?

Les fichiers livrés vous donnent un droit d'usage, pas les droits d'auteur : vous les conservez et les utilisez dans les limites de la cession, mais le photographe reste l'auteur des images. D'autres réponses pratiques sur le déroulé d'une séance figurent dans la foire aux questions du studio.

Le réflexe utile avant la séance

Demander ce que dit le contrat sur les usages autorisés, et signaler à l'avance l'usage qu'on prévoit réellement. Une intention annoncée avant la prise de vue se règle en une phrase ; la même demande formulée six mois plus tard suppose de revenir sur un accord déjà donné. Le principe vaut pour une séance en extérieur comme en studio.

Ces repères décrivent le mécanisme général et ne remplacent pas la lecture du contrat qui vous lie à votre photographe, seul document qui fixe précisément vos droits respectifs.

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